Au Congo-Brazzaville, l’élection présidentielle organisée, dimanche 15 mars s’est déroulée dans une atmosphère particulière. Tout au long de la journée, les réseaux téléphoniques et l’accès à internet ont été interrompus dans le pays. Cette coupure généralisée a fortement limité la circulation des informations sur le déroulement du scrutin.
Le président sortant, Denis Sassou-Nguesso, âgé de 82 ans, se présente pour un cinquième mandat consécutif. Officiellement, six autres candidats participaient à l’élection, mais les deux principaux partis d’opposition n’avaient pas présenté de prétendants, laissant la compétition sans figure majeure de l’opposition.
Participation modérée dans les bureaux de vote
À Brazzaville, les bureaux de vote ont fermé à 18 heures. Dans plusieurs centres visités dans la capitale, l’affluence est restée relativement faible. Plutôt que de longues files d’attente, les électeurs sont arrivés par petits groupes au fil de la journée.
Certains bureaux n’ont d’ailleurs pas ouvert à l’heure prévue de 7 heures, les responsables ayant dû patienter parfois plus d’une heure avant de disposer de tout le matériel électoral nécessaire.
Dans des quartiers traditionnellement favorables au pouvoir comme Poto-Poto, Ouenzé ou Talangaï, tout comme dans des zones plus critiques telles que Bacongo ou Makélékélé, le constat était similaire : une participation modérée et une atmosphère globalement calme.
Résultats affichés localement
Dans certains centres, le dépouillement s’est terminé en soirée. Les résultats ont été inscrits à la craie sur des tableaux noirs à l’intérieur des bureaux. Mais en l’absence d’internet et de réseau téléphonique, personne n’a pu les photographier ou les diffuser en ligne, ce qui a contribué à maintenir un grand flou autour du scrutin.
Un débat sur la légitimité du vote
La majorité présidentielle avait multiplié les appels à la participation afin de limiter l’abstention. De son côté, une partie de l’opposition, qualifiée de radicale, avait dénoncé un « simulacre d’élection » et appelé au boycott. L’opposition parlementaire, elle, n’a pas donné de consigne précise, invitant les citoyens à voter selon leur conscience.
Dans la capitale, les opinions étaient partagées. Certains électeurs ont tenu à accomplir leur devoir civique. D’autres ont choisi de s’abstenir, estimant que le contexte politique ne permettait pas une véritable alternance.
La coupure des communications au cœur des critiques
La suspension des communications a été l’élément le plus marquant de la journée. Pour certains habitants, cette mesure a suscité incompréhension et inquiétude, notamment en raison de son impact sur la circulation des informations et sur la vie quotidienne.
Cette coupure a également empêché les organisations indépendantes de la société civile de communiquer sur le déroulement du vote à travers le pays. En conséquence, il reste difficile d’évaluer précisément la situation dans les régions éloignées de la capitale.
Attente des résultats officiels
Pour l’heure, aucune date n’a été annoncée pour la publication des résultats officiels de cette présidentielle. En attendant, l’élection reste entourée d’incertitudes, renforcées par l’absence d’informations en provenance de nombreuses zones du pays.
Thom Biakpa




