La crise autour de la CAN 2025 prend une tournure de plus en plus tendue. Au lendemain de la décision du jury d’appel de la Confédération africaine de football de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique au profit du Maroc, les autorités sénégalaises ont vivement réagi, dénonçant une décision « illégale et injuste ».
Dans un communiqué officiel, la porte-parole du gouvernement, Marie Rose Khady Fatou Faye, a exprimé la ferme opposition de Dakar à ce verdict. Elle a également annoncé la demande d’ouverture d’une enquête internationale pour « soupçons de corruption » au sein des instances dirigeantes de la CAF, marquant ainsi une escalade significative dans ce différend.
À l’origine de cette décision controversée : la finale disputée à Rabat, remportée 1-0 par les Lions de la Teranga après prolongation. Le jury d’appel a toutefois estimé que le comportement des joueurs sénégalais qui avaient quitté la pelouse en fin de match pour contester une décision arbitrale justifiait une sanction allant jusqu’à la perte du titre.
Pour Dakar, cet argument ne tient pas. Les autorités affirment que la victoire a été acquise dans le respect des règles et que la remettre en cause constitue une atteinte grave à la « vérité du terrain » et à l’éthique sportive. En réponse, le gouvernement entend mener une riposte globale, à la fois juridique, politique et sportive.
Parmi les recours envisagés figure une saisine du Tribunal arbitral du sport, considéré comme l’instance suprême pour trancher ce type de litiges. L’objectif est clair, obtenir l’annulation de la décision et la restitution du titre au Sénégal.
Cette affaire, déjà très médiatisée, suscite de nombreuses réactions dans le monde du football africain. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une décision difficile à comprendre. L’entraîneur Claude Le Roy s’est notamment montré très critique, évoquant une décision « incompréhensible » et anticipant un revirement devant le TAS, au nom du respect du résultat sportif.
En parallèle, les autorités sénégalaises assurent rester pleinement mobilisées, notamment sur le plan diplomatique, pour obtenir la libération de leurs ressortissants interpellés à la suite des incidents survenus lors de la finale.
Plus qu’un simple contentieux sportif, cette affaire pourrait avoir des répercussions durables sur la crédibilité des instances dirigeantes du football africain et relancer le débat sur leur gouvernance.
Thom Biakpa




