Une controverse d’ampleur internationale secoue actuellement les relations académiques entre les États-Unis et le Ghana. En cause, la décision de Lincoln University de retirer l’attribution d’un doctorat honoris causa au président ghanéen, John Dramani Mahama, dans un contexte marqué par des tensions autour des questions LGBTQ+.
Une distinction initialement prévue
Quelques jours auparavant, l’université américaine avait pourtant annoncé vouloir honorer le chef d’État ghanéen pour son leadership et son engagement en faveur de la justice sociale et de la coopération internationale. La cérémonie devait se tenir fin mars 2026 sur le campus de l’institution en Pennsylvanie. Cette distinction visait à saluer notamment son rôle dans la promotion de la justice réparatrice, ainsi que ses contributions au développement démocratique et socio-économique du Ghana.
Un revirement inattendu
Cependant, selon des informations relayées par plusieurs medias, l’université aurait finalement décidé de retirer cette distinction honorifique. Ce revirement serait lié aux positions publiques de John Mahama sur les questions LGBTQ+, sujet particulièrement sensible tant au Ghana qu’à l’international.
En effet, l’ancien président redevenu chef de l’État après sa victoire en 2024 a, à plusieurs reprises exprimé son opposition à la reconnaissance des droits des personnes LGBTQ+, invoquant notamment ses convictions religieuses et les valeurs traditionnelles ghanéennes. Ces prises de position s’inscrivent dans un contexte national où le débat sur une législation anti-LGBTQ+ reste très vif.
Un contexte sociopolitique tendu
Au Ghana, la question des droits LGBTQ+ divise profondément l’opinion publique. Une partie importante de la société, soutenue par des leaders religieux et politiques, défend des positions conservatrices, tandis que des organisations de défense des droits humains appellent à davantage d’inclusion et de tolérance.
Dans ce climat, les déclarations de John Mahama ont contribué à renforcer les tensions, attirant également l’attention de la communauté internationale et des institutions académiques occidentales, souvent engagées en faveur des droits LGBTQ+.
Une affaire aux répercussions symboliques
Le retrait d’un doctorat honoris causa, distinction généralement accordée pour saluer un parcours exceptionnel, constitue un geste fort. Il traduit non seulement un désaccord avec certaines prises de position, mais aussi la volonté des universités de défendre des valeurs qu’elles jugent fondamentales, notamment en matière de droits humains.
Pour John Mahama, déjà détenteur de plusieurs distinctions académiques à travers le monde, cet épisode pourrait néanmoins ternir temporairement son image sur la scène internationale, même si son influence politique en Afrique de l’Ouest demeure significative.
Entre souveraineté culturelle et pression internationale
Cette affaire met en lumière un débat plus large : celui de l’équilibre entre souveraineté culturelle et normes internationales en matière de droits humains.
D’un côté, des pays comme le Ghana revendiquent le droit de préserver leurs valeurs traditionnelles. De l’autre, des institutions et organisations internationales plaident pour une universalisation des droits, y compris ceux des minorités sexuelles.
En définitive, la polémique autour de John Dramani Mahama et de Lincoln University dépasse le simple cadre académique. Elle illustre les fractures persistantes entre différentes visions du monde, dans un contexte global où les questions identitaires et sociétales occupent une place de plus en plus centrale.
Thom Biakpa




