La tension autour de la CAN 2025 franchit un nouveau cap, s’invitant désormais sur le terrain judiciaire international. À l’approche du match amical opposant le Sénégal au Pérou, prévu ce samedi 28 mars au Stade de France, une controverse inattendue vient assombrir l’événement : la possible saisie du trophée de la Coupe d’Afrique des Nations.
Au cœur de cette affaire, l’intention de la Fédération sénégalaise de football de présenter le trophée au public à l’occasion de cette rencontre. Un geste symbolique qui, loin de faire l’unanimité, suscite une vive opposition du côté marocain. Des avocats représentant des intérêts liés au Maroc ont en effet entrepris des démarches officielles pour empêcher cette exhibition.
Deux courriers ont ainsi été adressés au gestionnaire du Stade de France ainsi qu’à GL Events, structure en charge de l’organisation du match. Dans ces correspondances, les avocats contestent la légitimité du Sénégal à se présenter comme détenteur du trophée, invoquant une décision de la Confédération africaine de football (CAF) qui remettrait en cause ce statut.
Selon eux, la présentation du trophée constituerait une « usurpation de titre » et s’inscrirait dans une situation juridiquement contestable. Ils évoquent même la possibilité de saisir la justice française en urgence afin d’obtenir des mesures conservatoires. Leur objectif est clair, empêcher physiquement l’exposition du trophée, voire en obtenir la saisie temporaire tant que le litige n’est pas tranché.
Cette escalade judiciaire, particulièrement rare dans le football africain, illustre l’ampleur prise par le différend autour de la CAN 2025. Ce qui relevait jusqu’ici d’un désaccord sportif semble désormais dépasser ce cadre, pour s’inscrire dans une confrontation juridique aux implications potentiellement importantes.
À quelques heures du coup d’envoi de ce match amical, l’incertitude plane donc sur le déroulement protocolaire de la rencontre. Reste à savoir si la justice sera saisie à temps et, surtout, si elle donnera suite à cette demande inédite.
Une chose est certaine, cette affaire ajoute une dimension polémique à un match qui, à l’origine, devait simplement célébrer le football.
Thom Biakpa




