À New York, la course à la succession d’António Guterres à la tête des Nations unies franchit une étape décisive. Mercredi 22 avril, l’ancien président sénégalais Macky Sall a été le dernier des candidats à se prêter à l’exercice des auditions publiques organisées par l’Assemblée générale. Pendant trois heures, il a exposé sa vision devant les représentants des 193 États membres, concluant ainsi une séquence clé du processus de sélection.
Seul prétendant africain en lice, Macky Sall se distingue également par un parcours atypique parmi les candidats. Il n’a jamais occupé de fonctions au sein du système onusien et sa candidature n’a pas été présentée par son propre pays, mais par le Burundi. Un positionnement singulier qu’il a assumé en mettant en avant son expérience politique de près de quatre décennies et son habitude des arènes internationales.
Face aux diplomates, l’ancien chef d’État s’est décrit comme un « bâtisseur de ponts », insistant sur sa capacité à dialoguer avec des interlocuteurs variés et à concilier des intérêts parfois divergents. Il a plaidé pour une réforme en profondeur de l’ONU, articulée autour d’une diplomatie préventive plus efficace et d’une rationalisation du fonctionnement interne de l’organisation.
Sur les grands enjeux économiques, notamment la dette des pays africains, Macky Sall a défendu une approche globale impliquant à la fois les nations en développement et les économies avancées. Il a également esquissé les contours de son éventuelle gouvernance, annonçant qu’il nommerait une adjointe issue d’un pays du Nord, marquant ainsi une volonté d’équilibre géopolitique.
Son discours a aussi été l’occasion de réaffirmer une revendication de longue date du continent africain : l’obtention de deux sièges permanents au Conseil de sécurité. Une réforme qu’il considère essentielle pour une représentation plus équitable des équilibres mondiaux.
Mais sa candidature ne fait pas l’unanimité. Au Sénégal, plusieurs organisations représentant des victimes de violences politiques survenues entre 2021 et 2024 contestent sa légitimité à briguer cette fonction internationale, ce qui pourrait peser dans les discussions à venir.
Le processus se poursuivra dans les prochains mois. Le Conseil de sécurité devra formuler une recommandation durant l’été, avant que l’Assemblée générale ne procède à la nomination du futur secrétaire général, attendue d’ici la fin de l’année.
Thom Biakpa




